Vietnam 2009 : l’île de Phu Quoc et ces plantes carnivores

Lors de mon voyage au Vietnam (novembre-décembre 2009), je me suis arrêté quelques jours sur l’île de Phu Quoc pour rechercher des plantes carnivores.

Cette île, plus proche du Cambodge que du Vietnam (à qui elle appartient), me semblait propice à la découverte de plantes carnivores, et en particulier, de Nepenthes.

C’est ainsi que dès le premier jour, parti à la découverte sur les pistes de Phu Quoc en moto, je m’arrêtai comme à mon habitude dès que le paysage reflétait un biotope qui me semblait propice à la croissance de plantes carnivores

Sur l'île de Phu Quoc
Sur l'île de Phu Quoc : zone sablonneuse et trous d'eau.

Après quelques kilomètres en direction de An thoï (route 46) , un paysage sablonneux, des hautes herbes et des trous d’eau me font espérer une présence de Drosera.

En effet, après quelques pas dans le sable, j’ai la joie de découvrir quelques Drosera burmanii ! Cette première émotion passée, j’explore les alentours…

groupe de drosera burmanii
Groupe de Drosera burmanii

Je me trouve en fait au milieu d’un véritable champ de plantes carnivores : des utriculaires dans les trous d’eau et sur les abords, et des Drosera burmanii et indica qui colonisent toutes les parties sableuses, parfois recouvertes d’une fine couche d’humus.

utriculaire
Utriculaire
drosera indica
Drosera indica

Après une séance photo et la récolte de graines sur quelques spécimens, je retourne sur Duong Dông avant que le soleil ne se couche…

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Le lendemain, avec Nicolas, un compatriote Français rencontré la veille, nous partons toujours à moto vers le Nord de l’ile. Les premiers kilomètres nous emmènent vers son cœur végétal : une forêt primaire dense, impénétrable, que traverse la piste qui nous emmène à Bäi Thom. Nous nous arrêtons lorsque nous apercevons une trouée faite, vraisemblablement, par des engins mécaniques.

savane-nepenthes
Savane et Nepenthes !

Sur quelques hectares, la jungle fait place à une savane recouverte de Drosera et d’utriculaires, tandis qu’à l’ombre de chaque bosquet s’accrochent de magnifiques pieds de Nepenthes. Quelques pieds poussent sans l’abri du feuillage des arbres, et sont particulièrement jaunis et atteints pas la sécheresse.

et en levant les yeux du sol...un feuillage bien connu de nepenthes!
À l'abri des arbres

Nous sommes à la saison sèche. On peut aisément s’imaginer cet endroit se transformer en gigantesque marais à la saison humide…

nepenthes
Nepenthes smileisii

Nepenthes smilesii a une variabilité étonnante : certaines plantes ont des urnes complètement rouges, d’autres sont au contraire d’un vert tendre, et enfin, certaines sont bigarrées.

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Urne supérieure verte

Je récolte quelques graines :

Alain devant un pied femelle de Nepenthes Smilesii
Alain devant un pied femelle de Nepenthes smilesii

Dans la jungle, en revenant sur nos pas, nous trouvons une autre population de Nepenthes. Celles-ci poussent à l’abri des arbres de la jungle et montent jusqu’à leur couronne.

hybride
Nepenthes hybride ?

Après discutions avec François Mey (spécialiste français des Nepenthes d’Indochine), il semblerait que ces plantes, qui colonisent les sous-bois, soient un croisement entre Nepenthes mirabilis et Nepenthes smilesii.

Je reviendrai encore deux fois dans le nord de l’île, avant de partir pour Saigon et retourner en France.

Alain

Merci à Nicolas pour ses photos lorsque mes batteries se sont vidées, et à François pour ses lumières concernant les Nepenthes indochinoises !

Nouvelle Calédonie : le mont Panié et ses plantes carnivores

Le 27 décembre 2008, munis d’une autorisation d’accès spéciale au mont Panié émise par la Direction du Développement Économique et de L’Environnement (ouf !), nous nous retrouvons, Claire-Lise, Martin (ingénieur forestier, Province Nord, DDEE), François (Chargé de mission, Conservation International), Gaby (notre guide) et moi-même en route pour une excursion de 3 jours entre les refuges Blaffard, Maruia, et le mont Panié ! Le 1er jour, une belle grimpette de 6 heures nous emmènera au refuge Blaffard situé à 1150 mètres d’altitude. La première partie sera la plus dure : la savane est déjà chaude, l’air humide et lourd pèse sur nos épaules, tout autant que nos sacs remplis de vivre pour 3 jours ! Évidemment, certains s’en sortent mieux que d’autres. François, habitué aux randonnées depuis son plus jeune âge, n’a aucun mal à suivre le guide, qui marche pourtant pieds nus ! Heureusement, dans la forêt tropicale qui succède à la savane, nous trouvons de multiples (bonnes !) raisons de nous arrêter pour prendre des photos et nous reposer un peu…

orchidée épiphyte
Orchidée épiphyte

Les arbres sont recouverts d’orchidées épiphytes. Nous en trouvons même de minuscules au sol…

petite orchidée terrestre
Petite orchidée terrestre

Les espèces en fleurs sont plutôt rares si on considère le nombre de plantes que nous voyons (des centaines voire des milliers) mais la bonne dizaine de floraisons que l’on verra par la suite (et que l’on sentira, pour certaines) aura pour effet de dissiper la fatigue…

une autre orchidée épiphyte en fleur
Une autre orchidée épiphyte en fleur

Arrivés aux abords du refuge Blaffard, un premier Nepenthes vieillardii se laisse enfin observer !

Ca valait bien une petite marche, n'est ce pas Claire-lise?
Ça valait bien une petite marche, n'est-ce pas Claire-Lise ?

Le sol est extrêmement sec et dur : on parle de terrain minier! La végétation est touffue. On y retrouve de nombreuses fougères, des buissons, etc… Les Nepenthes font partie intégrante de ce maquis.

Cliquez sur la photo pour l'agrandir
Népenthès dans le maquis

J’ai pu compter plusieurs dizaines de pieds en quelques dizaines de mètres, tous espacés de 2 à 10 mètres. Ces plantes carnivores sont présentes dans toute la végétation qui entoure le refuge. De nombreux pieds sont en fleurs, et parmi eux, les pieds femelles portent les fruits et vont fructifier encore quelques semaines avant de libérer leurs graines…

Fleurs femelles productrices de pollen
Fleurs mâles productrices de pollen
Les fruits de l'année passé et ceux à venir. Les graines ont déjà été libérées...
Les fruits de l'année passée et ceux à venir. Les graines ont déjà été libérées...

En observant l’intérieur des pièges, à la recherche de quelques insectes en digestion, je me rends compte qu’il y a profusion de larves de moustique dans le liquide ! Quelle surprise ! En France, je n’ai jamais vu un seul moustique survivre à une entrée dans une urne de Nepenthes et voilà que dans la nature, ils pondent et les larves survivent dans un liquide rempli d’enzymes censés les digérer !

Larves de moustiques dans le liquide d'une urne de nepenthes
Larves de moustiques dans le liquide d'une urne de Nepenthes

L’explication me viendra plus tard ! Rassurez-vous, les urnes des Nepenthes restent de bons pièges à moustiques, sauf pour le moustique Tripteroides caledonicus, qui s’est fait une spécialité de pondre dans les urnes de Nepenthes vieillardii et dont les larves y survivent sans problème ! Le mont Panié sera atteint le lendemain. Le chemin vers le point culminant de Nouvelle-Calédonie aura été, bien plus que la vue en son sommet (hélas nuageux…), source d’une incroyable biodiversité.

Toute l'équipe sur le sommet du mont Panié!
Toute l'équipe sur le sommet du mont Panié ! (de gauche à droite : Gaby, Martin, François, Alain et Claire-Lise)

2011 entre deux mondes

Je vais passer les six premiers mois de cette nouvelle année entre Rome où mon amie Romy fait un stage chez FAO (Food and Agriculture Organization) et mes serres Karnivores à Colmar que j’ai confié comme toujours quand je pars en voyage à Florent, Emma et Baptiste! Bon je reste connecté par internet et serait présent tous les mois pour m’assurer que tout se passe bien 🙂

En attendant découvrir Rome à pied peut s’avérer fatiguant, et comme ma petite moto 125 ne servait plus trop depuis mon voyage en Islande , mon père, mon frère et Baptiste l’on bien emballée :

Un beau paquet cadeau
Un beau paquet cadeau

Elle devrait arriver la semaine prochaine…si tout va bien!